Pour répondre à la demande d'une coupinou, j'ai ressorti  ma recette de pâte à sel et, pour le coup, toutes mes (nombreuses) petites notes jaunies...

Allez, on synthétise tout çà et on en fait profiter tout le monde... mais n'en ayant pas fait depuis... oups... des années, si vous avez des trucs et astuces supplémentaires dans ce domaine, n'hésitez pas à venir corriger ces données !

Ou nous montrer, en photos, ce que vous faites dans ce domaine !

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DOSAGE

En général, les doses de la pâte à sel se mesurent en volumes, calculés par l'emploi d'un même récipient (tasse, verre, etc...), puis on ajoute graduellement de l'eau.

Pour rendre les objets plus résistants, il est possible d'augmenter la proportion de sel jusqu'à atteindre 3/5 du mélange final.

Pour un usage modéré (petits objets isolés) :

* 1 verre de sel fin  * 2 verres de farine  * 1 verre d'eau tiède (quantité à moduler selon l'humidité ambiante)

Pour un usage plus conséquent, prévoir de réaliser 500 g de pâte, soit :

* 200 g de farine  * 300 g de sel  * 125 ml d'eau  * 1 c. à café de colle liquide à papier peint (facultatif)

MATERIEL POUR PREPARATION DE PATE

- une grande terrine  - une cuillère en bois  - un verre-doseur  - du film plastique transparent

REALISATION

Dans un saladier, mélanger avec une spatule en bois tout d'abord la farine + le sel, jusqu'à obtenir un mélange bien homogène (car si la farine et le sel ne sont pas bien mélangés ensemble avant d'ajouter l'eau, les risques de fissures augmentent considérablement).

Puis verser l'eau très lentement (il est préférable d'utiliser un récipient avec un bec verseur). La quantité d'eau peut varier selon l'humidité de l'air.

Pétrir la pâte  jusqu'à obtenir une bonne consistance  de grosse boule. Pour un meilleur modelage, le temps de pétrissage doit être conséquent : pour 500 g de pâte, prévoir 15 minutes minimum. De ce temps de pétrissage dépend la qualité de la pâte obtenue.

Pour vérifier la bonne consistance de la pâte, détacher un petit morceau de pâte et l'écraser entre les doigts pour en faire un disque fin : si la pâte reste droite entre les doigts, elle est de bonne consistance; si elle s'affaisse et devient collante, il y a trop d'eau (rajouter alors un mélange conjoint et proportionné de farine et de sel).

CONSERVATION

Envelopper immédiatement la pâte dans un film transparent et la laisser reposer 1 heure.

Pour la conserver plus longtemps, la mettre dans des sachets en plastique pour surgelés et ranger dans un lieu frais et sec, à température ambiante. (Jamais au réfrigérateur, ni au congélateur, ce qui aurait pour effet pour la pâte de durcir et se briser).

LES ADDITIFS

Ce sont les produits qui augmentent la solidité de la pâte, la rendent plus souple et malléable, et surtout plus solide et résistante à l'humidité. Les plus utilisés sont :

* la colle blanche  * la glycérine  *  la colle pour papier-peint

Attention : si on ajoute ces ingrédients, il faut diminuer la dose d'eau de la pâte, sous peine de trop la ramollir et la rendre inapte à toute manipulation.

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COLORATION

Les possibilités de coloration sont nombreuses mais doivent répondre à une exigence : être exclusivement à base d'eau.

Outre la peinture à appliquer au pinceau après cuisson, on peut colorer la pâte à sel dans la masse, avant cuisson, avec de la gouache, de la peinture acrylique ou des colorants naturels.

La gouache : peinture à l'eau classique, composée d'un pigment assez grossier . Il y a une grande différence de qualité entre la gouache d'écolier et celle de professionnel, la première nécessitant une quantité plus importante (un tube de 22 ml/250 g de pâte). La gouache nécessite de passer un vernis transparent car l'objet sera plutôt mat après séchage.

La peinture acrylique : contient un liant acrylique rendant la pâte à sel plus solide. Elle est plus chère à l'achat mais toujours de bonne qualité. Elle a meilleur effet que la gouache pour l'intensité de la coloration, mais dans des tonalités plus foncées. Le vernis est facultatif car cette peinture est déjà brillante.

Colorants naturels : préférer alors le séchage à l'air, car la cuisson au four élimine entièrement l'arôme des épices.

- Café : si moulu, ne tient pas, reste granuleux. Préférer du café soluble (1 càc/100 g pâte) qu'il n'est pas nécessaire de dissoudre dans l'eau avant, mais bien pétrir longtemps longtemps avec la pâte.

- Curry : colore bien, tonalité jaune or, très parfumant (1 càc/100 g pâte)

- Cannelle : nécessite d'en mettre beaucoup car teinte mal, mais très parfumée (2 càs/100 g pâte)

- Paprika : ne parfume pas mais donne une coloration très chaude (1 càc/100 g pâte)

- Chocolat/cacao : à éviter car, au début, donne une belle coloration, mais ensuite le beurre de cacao remonte à la surface, créant une pâtine blanchâtre.

- Autres : coriandre, noix muscade, clous de girogle, piment rouge moulu, etc...

Quelques infos par rapport à l'utilisation de colorants naturels :

* les utiliser sur une pâte pas trop fine

* utiliser en abondance de la colle à papier peint, car la pâte colorée avec des poudres naturelles est plus difficile à rendre compacte

* mettre des doses importantes dans la pâte car, au séchage, la couleur naturelle perd de son intensité et de son brillant (surtout pour la cannelle)

* mettre une petite quantité de crème de glycérine pour les mains dans la pâte, afin de la rendre plus malléable, sans qu'elle soit trop molle

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LE SECHAGE

Il s'agit plus d'un séchage, même au four, qu'une véritable cuisson. Première chose : bien connaître son four (les caractéristiques diffèrent selon le modèle et l'âge). Ne pas hésiter à faire des tests avec des morceaux de pâte à sel d'épaisseurs diverses pour adapter le temps nécessaire, sans que les objets brûlent ou se fendillent.

* Séchage à l'air libre

Une fois secs, les éléments sont plus fragiles et prennent un aspect de "plâtre". Prévoir plusieurs jours (sur un radiateur si possible). Valable que pour de petits éléments.

* Séchage au four

= quand la température ne dépasse pas 50-60° et que l'objet reste au four plusieurs heures, voire plusieurs jours. Cette technique, moins risquée que la "cuisson", est indiquée pour les éléments les plus délicats, et adaptée à tous les éléments colorés dans la masse (surtout couleurs claires).

* Cuisson au four

= quand un élément est enfourné et que, d'une couleur naturelle blanche, il passe à une coloration chaude comme celle d'une croûte de pain. La température du four peut atteindre 150°, avec des temps de cuisson relativement brefs (2 à 3 h). Mettre les pièces au four à une température de 50-60°, et augmenter de 20° toutes les 30 minutes pour les pièces importantes. Bien surveiller la cuisson car le risque de fissures est élevé (pour les prévenir, entr'ouvrir le four 10 mn toutes les demi-heures).

Test de l'aiguille au séchage :

Parfois l'objet présente une belle coloration en surface, mais il a encore de l'humidité à l'intérieur, ce qui compromet sa conservation (ramolissement et moisissures).

=> Sortir l'objet du four, le laisser refroidir puis essayer de percer avec une aiguille de couture. Si, en poussant un peu, l'aiguille pénètre dans la pâte, le remettre au four. Si l'aiguille ne pénètre pas,, l'objet est cuit. Attention à bien faire ce test sur la base ou une partie invisible de l'objet.

La cuisson est nécessaire pour tous les éléments dont la coloration finale rappelle celle du pain (guirlandes de fête, objets rustiques...).

DORURE AU JAUNE D'OEUF

Pour une coloration dorée, semblable à celle du pain. Permet de réduire la cuisson et d'éviter la formation de fissures.

=> A la moitié de cuisson (quand la pâte est sèche en surface), sortir du four et badigeonner de jaune d'oeuf battu, en fine couche pour éviter les tâches. Une heure au four, température aux environs de 100° permet d'obtenir une belle pellicule brillante et ambrée.

Attention, cette technique est incompatible avec du vernis. L'objet n'est donc pas imperméabilisé et risque de moisir. Eviter pour une destination dans des pièces humides (cuisine, salle de bain).

ASTUCES

* utilisation de gros sel (le mélanger avec de l'eau bien tiède pour tenter de le dissoudre) pour un aspect plus rustique

* l'ajout de glycérine facilite le modelage

* l'ajout de colle à tapisser rend le modelage plus résistant

* pour une pâte trop molle : ne jamais rajouter la farine seule, mais préalablement mélangée à du sel. Puis la pétrir longtemps pour lui faire retrouver la bonne consistance.

* pour une pâte devenue trop dure (exemple de la conservatioin d'une pâte déjà colorée) : la récupérer en la pétrissant longtemps, avec les mains enduites de crème à la glycérine.

* pour éviter le risque de fissures pendant la cuisson, faire de petits trous dans la pâte avec un cure-dent, à des endroits non-visibles (permet d'expulser l'air) avant d'enfourner. En cas de fissure avérée, il est possible de réparer en remplissant de pâte très humide.

* des petites imperfections peuvent être grattées au papier de verre, une fois l'élément sec.

* en remplacement de farine blanche, possibilité d'utiliser des farines complètes (complet, seigle, sarrasin..) : sera plus difficile à modeler (donc, ajouter de la colle à papier ou de la glycérine) mais le résultat est plus résistant. Un inconvénient aux farines complètes : ne supportent pas d'être colorées (leur base foncée naturelle altère la couleur)

* pour une pâte plus facile à travailler, possibilité de coupler pour partie avec de la farine de sarrazin (2 c à soupe pour 100g) en remplacement de la farine blanche (c'est valable pour les crêpes aussi !!...).

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Voiloù... allez, zou, au boulot. On attend vos photos !!...