je tape la manche

A 47 ans, il a passé plus de vingt ans dans la rue et la manche est devenue son "métier"...


Dans ce livre l'auteur, Jean-Marie  Roughol, y raconte toutes ses années de galère : sa jeunesse chaotique, ses premières "tapes", l'amitié entre SDF, l'amour aussi et ses  enfants abandonnés… et tout l'univers de la mendicité, avec ses codes, ses lois, sa concurrence.

On plonge avec lui dans le quotidien âpre des marginaux : squats, bouches de métro, parc, hôtel miteux, au coeur du dénuement et de la violence, mais aussi de la débrouille, de la solidarité et des copains de galère.

Douze heures par jour, Jean-Marie se pose près des Champs-Élysées, dans des lieux stratégiques fréquentés.  Les week-ends et jours fériés, c'est devant le Drugstore des Champs-Élysées qu'il "tape le pèlerin".

Un soir, il y croise Jean-Louis Debré (président du Conseil constitutionnel) . Il lui propose de surveiller sa bicyclette.. les deux hommes sympathisent et débutent une relation de confiance atypique. Aux dires de Jean-Louis Debré lui-même, c'est une belle rencontre de hasard... qui peut choquer certains.... C'est ainsi,  qu'attéré d'entendre un couple s'étonner "t'as vu, c'est Debré qui parle à un clodo", il lance un défi à Jean-Marie Roughol, celui d'écrire un livre pour raconter son histoire, pour en remontrer à des gens prétentieux et imbus d'eux-mêmes...

Jean-Marie Roughol, d'abord réticent, ne s'en croyant  pas capable,  finit par rendre, près de deux ans plus tard, trois cahiers manuscrits à Jean-Louis Debré qui,  au gré de rencontres régulières avec le Sans Domicile pour lui faire raconter les différents épisodes de sa vie, a tout retranscrit sur son propre ordinateur.

Le résultat est ce livre de 176 pages, "Je tape la manche", préfacé par le responsable gaulliste lui-même, dans lequel Jean-Marie se raconte. De son enfance et sa jeunesse chaotiques à ses journées mais aussi ses nuits dans la rue.

Il porte un regard incisif parfois sur les gens (souvent très connus) qui le croisent... ou l'évitent, préférant oublier les "pisse-vinaigre" pour mieux se souvenir de ceux, anonymes ou célèbres, qui l'ont aidé, parmi lesquels Robert Hossein qui l'a embauché comme figurant sur ses spectacles, ou Gad Elmaleh qui lui a fait tourner une scène dans le film Coco. 

A présent, Jean-Marie aimerait ouvrir une crêperie et quitter enfin ce monde de la rue. Il espère surtout que son livre permettra d'attirer l'attention sur les Sans Domiciles Fixes, hommes ou femmes. 

Un livre simple mais très touchant, à découvrir par solidarité, par ouverture d'esprit, pour ne plus détourner le regard...

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